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Ce
graphique montre une mesure idéale que nous aurions pu obtenir.
Il ne s'agit hélas, que d'une simulation avec une échelle
de temps arbitraire en abscisse et sur 8 bits en ordonnées.
Nous
nous étions donnés deux conditions essentielles pour cette
mesure.
- Il fallait en
premier lieu, pour faire de la photométrie, ne pas saturer ni avoir
un signal trop faible pour pouvoir mesurer la descente en éclat
si jamais il y a une atmosphère sur Titania.
- Il fallait également,
si nous souhaitions mesurer cette pente (pour, par la suite détecter
la présence ou non d'une atmosphère) avoir un nombre suffisant
de points mesures dans le temps (3 ou 4 pour la confirmation). Cette échelle
de temps nous est donnée par les professionnels qui suivent ces
phénomènes et qui ont établi des éphémérides
spécifiques au cas observé. Dans les circonstances de Titania,
les groupements d'observateurs structurés pour l'occasion fournissaient
ces éléments.
La
dynamique et l'échantillonnage étant suffisant, nous pouvions
alors mesurer le temps absolu (moment de l'éclipse), la durée
de l'éclipse, la variation de magnitude et la pente de cette variation
de magnitude. Cela faisait beaucoup d'informations pour un si bref événement
astronomique si facilement accessible aux instruments amateurs. Voilà
pourquoi un petit groupe de la SAP s'est intéressé à
cet événement passionnant. Il fallait encore choisir les
instruments, définir et adapter les méthodes de mesure.
Quelles
informations nous fallait-il recueillir ?
Nous
devions pouvoir mesurer une magnitude sur un objet ponctuel (l'étoile
-164538-SAO
) pendant quelques minutes à une cadence d'environ
5 images par seconde.
Il fallait connaître
- le temps absolu
- le temps relatif
- la magnitude relative
- la magnitude absolue
- notre localisation
pour envoyer, seulement les informations brutes, qui intéressent
les professionnels au format qu'ils préconisent.
Quelles
méthodes appliquer avec quels instruments ?
La
mesure pouvait se faire directement sur une grande série d'images
acquises suffisamment rapidement ou faire défiler un détecteur
devant les étoiles pour enregistrer en permanence le flux reçu,
ce qui peut aussi bien être fait avec une pellicule photo défilant
qu'avec un CCD.
Nous
disposions de 2 instruments de 210mm et 254mm au longues focales (environ
2500mm) et des diamètres largement suffisants pour rendre la manip
confortable. Nous avons également bénéficié
du site magnifique de l'observatoire des pléiades qui nous a accueilli
chaleureusement avec un ciel dégagé vers le sud ouest. Côté
détecteur, nous pouvions utiliser une webcam et une Audine de la
SAP.
Le
plus gros problème qui est rapidement apparu et qui semblait être
le principal souci des astrocamiens était la mesure du temps. Nous
avons synthétisé les bonnes idées proposées
sur internet et par des collègues. Nous avons choisi de filmer,
avec une webcam, le réveil radio piloté de ma femme (elle
a insisté pour que je la cite, bien qu'elle dormît profondément
au moment de l'éclipse de Titania ).
Avec IRIS et sa fonction d'acquisition de série d'images indépendantes,
horodatées et non d'AVI (document vidéo daté qu'au
début de la séquence) nous devions filmer une série
d'images avant et une série d'images après l'éclipse.
Deux images horodatées bien choisies de ces séquences auraient
permis de mesurer l'offset en temps du PC et de corriger également
sa dérive pendant le phénomène. Nous aurions donc
pu avec ces paramètres corriger chaque image acquise avec une précision
de 0.2s absolu (cette limitation est due à la vitesse du PC liée
au mode d'acquisition série d'images *.fit d'IRIS). C'était
suffisant pour cette occultation et c'est très probablement une
méthode que nous utiliserons à chaque mesure de ce type.
Pour
assurer une mesure de magnitude, il faut au moins deux étoiles
connues dans le champ, lorsque nous étalonnons un thermomètre,
nous le marquons d'une barre noire au gel de l'eau 0°C et d'une seconde
à l'ébullition 100°C, nous pouvons ensuite créer
les 100 graduations intermédiaires. Ici, c'est le même principe.
La connaissance de la magnitude de la SAO avant éclipse et d'Uranus
nous auraient donné deux points. L'important était donc
d'avoir Uranus dans le même champ que la SAO non saturées.
Principe
de l'acquisition propre à la webcam
L'intérêt
de la webcam n'apparaît ici que dans le cas ou les étoiles
sont de magnitude assez faible 7.2. Le faible temps de pose (temps d'intégration)
permettait donc d'avoir une image de l'étoile étudiée
(la SAO) et d'Uranus exploitables avec un diamètre d'instrument
supérieur à 100mm. Un film vidéo *.avi n'acquière
pas les images de façon synchronisée, nous avions donc décidé
d'utiliser le nouveau mode " série d'image *.fit " proposé
par IRIS. Nous aurions encadré et suivi avec une webcam, pendant
quelques minutes le phénomène pour ensuite exploiter, avec
l'heure précise sur chaque image, la magnitude de chaque astre.
Nous envisagions un dépouillement fastidieux image par image en
mesurant l'intensité d'Uranus et de la SAO. Nous aurions corrigé
la turbulence grâce aux fluctuations d'Uranus (variation d'offset
dans le temps).
Ces
mesures tracées sur un graphique X Y excel par exemple auraient
fourni un document intéressant sur cette occultation en répondant
à tous les critères que nous nous étions fixés.
Principe
de l'acquisition avec une Audine
Un
nouveau mode d'acquisition venait d'être implémenté
sur IRIS pour ce type de mesure. La méthode développée
dans les leçons de C.Buil étant très claire, je ne
parlerais pas de la procédure mais du principe de façon
imagée.
Imaginons
qu'un liquide rouge, toxique s'écoule, de façon inégale,
dans une rivière en amont d'un point de mesure ou les contrôleurs
effectueraient les prélèvements. L'objectif serait de mesurer
une variation de quantité de liquide toxique qui s'écoule
dans la rivière au moment ou un opérateur ferme une vanne
en amont et la rouvre ensuite.
A l'endroit où le prélèvement serait fait, il faudrait
pouvoir comparer la densité de produit toxique rouge à un
étalon pour le mesurer cette quantité de toxicité
et voir sa variation au cours du temps. Lorsque l'opérateur fermerait
la vanne de produit toxique, nous continuerions la mesure jusqu'à
ce qu'il l'ouvre de nouveau. Nous pourrions également imaginer
faire couler un liquide rouge neutre plus en amont pour tenir compte d'une
légère dispersion du liquide dans l'eau et surtout des variations
de débit.
Pour
corréler cette image avec notre mesure il suffit de remplacer:
- le tronçon
de lit de rivière analysé par une matrice CCD
- l'eau claire par
les rares photos du ciel noir
- le débit
de liquide rouge toxique par le débit de photons de la SAO dans
le temps
- les photons d'Uranus
par notre liquide de référence étalon au débit
constant à la source (mais tenant compte des aléas de la
rivière tout comme celle des photons à travers l'atmosphère
au point de mesure).
- La ligne de mesure
au registre ligne de transfert du CCD
Le
retard entre l'événement et la mesure (offset) peut être
connu grâce à la vitesse d'écoulement de la rivière.
Sur le CCD les premières lignes qui nous arrivent et ne font pas
apparaître la SAO correspondent à ce retard qui est connu
grâce au temps de transfert d'une ligne à l'autre vers le
registre de lecture fixé par l'opérateur.
Dans
la procédure de C.Buil il faut simplement s'imaginer les lignes
du CCD transférées à l'image du débit de la
rivière vers le registre de lecture qui n'est autre que notre point
de prélèvement du contrôleur. Il va mesurer la toxicité
de produit en fonction du temps et nous, la magnitude de la SAO
En
aucun cas il ne faut considérer la matrice comme une image instantanée.
En photographiant simplement la rivière, nous ne serions pas capable
de mesurer le débit toxique.
Une
simple barrette CCD aurait pu suffire mais la difficulté aurait
été de positionner la SAO et Uranus (parfaitement centrées
et idéalement ponctuelles) sur la barrette. Mission impossible
techniquement.
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