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L'acquisition
d'images couleurs à la webcam peut susciter des interrogations
concernant la validité de l'information trichrome.
Nous
allons poser les questions qui mettent en cause la nature de cette information
couleur sur ce type de caméra pour nous faire une idée de
l'intérêt ou non de la couleur des images acquises.
Les
problèmes liés à la connaissance de l'information
colorée des webcams :
- L'équilibre des
couleurs entre chaque pixel image n'est pas garanti car chaque pixel du
détecteur possède ses propres filtres. Des images acquises
avec une CCD noir et blanc plus traditionnelle en astronomie
avec un jeu de filtres colorés couvrant la surface entière
de la matrice est une solution plus satisfaisante. Rien ne garanti donc,
dans le cas des webcams une réponse homogène des pixels
images de même couleur.
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Le
pixel image unitaire composé de 4 pixels colorés.
Il y a dépôt d'un filtre individuel sur chaque détecteur
de la matrice.
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La réponse des CCD utilisés pour ces webcams est généralement
meilleure dans le rouge que dans le bleu. Même si cet effet est
probablement compensé par un gain électronique plus fort
dans le bleu que dans le rouge, la qualité de l'information compensée
est déséquilibrée (le rapport signal sur bruit :
S/B est moins bon dans le bleu que dans le rouge). Cet effet est remarquable
lors du traitement des images planétaires sortant d'un fichier
vidéo AVI dont l'image bleue est relativement bruitée.
- La réponse radiométrique
des trois filtres n'est pas fournie à l'utilisateur. Aucune correction
n'est possible.
- Des options de réglages
" booléennes (tout ou rien) " existent bien mais ne sont
pas explicites. Aucune documentation ou calibration n'est fournie par
les fabricants. Il paraît évident qu'il s'agit d'une correction
de température de couleurs en fonction de la source d'éclairage
de la scène (tubes fluorescent, lampe à incandescence
).
Cette notion de température de couleur est rapportée à
la réponse spectrale de l'il et ne nous aide pas beaucoup
en astronomie. Nous ne savons pas très bien ce qui se passe au
niveau de l'information colorée fournie par la caméra, qui,
en mode automatique, fait ce qu'elle veut. On frôle l'ésotérisme.
- Nous ne connaissons
pas la bande passante des filtres surtout sans le filtre IR de l'objectif
retiré pour les applications astronomiques. Nous ne pouvons donc
pas reconstruire proprement ou interpréter de signal affiché.
- La réponse spectrale
de l'il n'est pas linéaire radiométriquement (photométrie
visuelle) et les réglages de l'affichage à l'écran
peuvent être très éloignés de l'information
initiale reçue par le détecteur. Nous ne pouvons pas reconstruire
une information radiométrique (watts) par bande contrairement au
travail qui peut être fait avec une CCD N&B et des filtres calibrés
(voir le site de C.Buil et de la caméra Audine).
Le
bilan plutôt sombre de ces premiers points permet déjà
de dire qu'il n'est pas raisonnable de faire des mesures radiométriques
avec une webcam. Quel peut être l'intérêt alors de
faire des images couleurs.
Si la lumière du soleil réfléchie par la lune est
pauvre en couleurs, ce n'est pas le cas de Jupiter ou Saturne que les
astrocamiens ne se privent pas d'enregistrer en couleur. Il y a des raisons
à cela.
Les
atouts de l'information couleur des webcams :
- Après traitement,
l'observateur peut corriger les déséquilibres colorés
en fonction de ce qu'il connaît de l'objet. Ce sera une correction
photométrique relative visuelle.
- L'information infrarouge
peut être intéressante, notamment sur Jupiter, même
si elle est traduite par la couleur rouge à l'écran. La
bande passante du filtre rouge des webcams est probablement plus large
que celle de notre oeil. L'essentiel est d'en avoir conscience lorsque
l'on interprète l'image.
- La dérive du
télescope, la registration et la sommation d'une centaine d'images
atténuent très fortement le phénomène de disparité
de réponse des pixels. En effet le disque planétaire n'étant
pas stable au cours de l'acquisition, cela permet de moyenner sur plusieurs
pixels le signal reçu d'une même zone du disque planétaire.
- Le principal point fort,
à mon avis, en faveur de l'acquisition d'images couleurs de Jupiter,
Saturne ou Mars, c'est l'information liée au contraste coloré.
La notion de contraste coloré vient en supplément de l'information
de contraste N&B. L'exemple ci dessous vous convaincra peut être
plus facilement que des longs discours. L'image en N&B présente
peu de contraste contrairement à sa version colorée.
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Si
nous prenons un pixel image qui reçoit une intensité Ir=5
dans le rouge et Ib=170 dans le bleu, L'image colorée résultante
sera plutôt bleue. En N&B l'intensité résultante
sera 5+170 donc I=175. Si maintenant ce même pixel reçoit
une information inverse : Ir=170 dans le rouge et Ib=5 dans le bleu alors
le pixel résultant coloré sera plutôt rouge alors
que l'intensité N&B sera toujours de I=175. Il y a bien une
information supplémentaire dans l'image couleur que ne peut traduire
l'image N&B. Ce serait dommage de négliger cette information
qualitative.
En
conclusion, il ne serait pas raisonnable d'exploiter ou d'interpréter
photométriquement l'information colorée d'une webcam. En
revanche cette information colorée, même non corrigée,
peut être nécessaire pour identifier l'appartenance d'une
structure nuageuse isolée à une bande de Jupiter par exemple.
Elle est également indispensable pour identifier des formations
nuageuses aux contrastes colorés différents qui donneraient
une même intensité globale sur une image N&B (cf boites
de bicarbonate ci-dessus). L'information couleur des webcams apporte un
plus par rapport à l'image en niveaux de gris. Ce serait dommage
de se priver de cette information supplémentaire notamment dans
le suivi des formations gazeuses joviennes.
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Frédéric
Bourcier. |
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